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mardi 20 janvier 2015

Fred "Lutin" Boudot


6 janvier 2015

Fred est né en 1973, il a joué dans des groupes comme To Make You Collapse ou Second Rate, et vous pouvez désormais le voir sur scène dans Generic et Non.

Ton premier souvenir de concert ?

J'en ai quelques uns, je ne saurais dire s'il s'agit du premier !

Le concert de OTH à la salle des fêtes de Dole le 9 décembre 1988. De fait, mon âge m'interdisait de consommer de l'alcool sur la voie publique, or en arrivant devant la salle, j'accepte volontiers de boire une goulée de kronenpils que me tend le frère d'un pote, plus âgé que nous. Une bagnole de flics passe à ce moment et les 3 ou 4 loulous à l'intérieur me regardent d'un air circonspect. Je me vois déjà contraint de présenter mes excuses à ces messieurs et risque en plus de me faire raccompagner illico chez maman !

Non, pas OTH, pas chez moi, pas la pénultième date de leur tournée ! Et j'ai senti d'un coup que nombre de gugusses autour de moi, s'affirmaient suffisamment pour signaler à ces gardiens de la paix qu'il serait souhaitable que, ce soir, il me la foute !  Et c'est ainsi que j'ai pu voir l'un de mes premiers excellent concert de rock'n'roll. Puissant, sauvage, un brin alcoolisé mais terriblement efficace. Voir ça à 15 ans, un groupe qu'envoie du feu de dieu, paroles en français, la classe. Et réécouter ce live, même si ce n'est pas vraiment celui là, reste un chouette truc.

Un autre concert est celui de Mega City Four à Malbuisson, bourgade du haut Doubs. Je me souviens qu'en attendant que ces jeunes rois de la pop de l'époque envoient la sauce, nous avions commencé une partie de baby foot. Dès les premiers accords de gratte, je vois encore la balle rouler sur ce baby et n'ai jamais su ce qu'elle était devenue ! Nous avions tous lâché nos cannes en même temps, histoire de ne pas en perdre une miette. Je me souviens surtout du bassiste qui, les yeux sur son manche et un sourire d'enfant, portait sur sa tête une casquette de... Morbid Angel ! Énorme ! La voix du chanteur, les mélodies de gratte, où je voyais pour la première fois des gugusses balancer des accords plus subtils que trois accords de puissance et basta.

Premier concert que tu as apprécié ?

Celui-ci donc !

Premier groupe local qui t’a marqué ?

Thunder Ten Tronckh [orthographe incertaine], un groupe de Dole, des potes aussi. J'avais encore jamais joué de rock de ma vie et c'est sûrement grâce à eux que j'y suis venu. Un peu comme Mega City Four - excusez de la comparaison - ça jouait bien, mélodique à souhait et paroles en français. Je ne loupais pas un concert et surtout aucune répète ! C'est vraiment là que le rock a pris un sens pour moi. J'ai d'ailleurs monté mon premier groupe, Handle With Care, avec l'un des guitaristes.

Premier disque local qu'on t'a offert, que tu as acheté, piqué, emprunté, trouvé... ou autre ?

J'avoue que j'ai du mal là. Puisque je n'ai pas de souvenir précis, je dirais Original Disease, que j'avais enregistré sur une cassette.
Bon et même si cela n'a rien  à voir, la première cassette que j'ai écouté en boucle, c'était l'album Destroyer de Kiss que j'avais piqué à mon frangin, surtout le premier morceau, Detroit Rock City. Parce que ce morceau, quand je le réécoute, il me fout toujours la patate et le sourire.

Le concert en région qui t’a le plus marqué ?

Je sais plus vraiment où ça se trouvait mais l'affiche était plus qu’alléchante. Kill The Thrill, Sleeppers et Kollapse si je ne m'abuse. C'était une belle soirée qui avait fini par un morceau de percus avec bon nombre de bonhommes des groupes présents.

Ah oui, un autre concert phénoménal fut celui de Tavaux dans le Jura, juste à côté de Dole. Ce soir là, Thunder Ten Tronckh, dont j'ai déjà parlé, No Sense et Desert Culturel. Le village était blindé de monde, des keupons pour la plupart, faune que les autochtones n'avaient pas rencontrée souvent, voire jamais. Ce concert était tout simplement fabuleux.

Une anecdote à partager ?

Alors là, j'en ai à la pelle des anecdotes. Disons que celle qui me fait encore sourire aujourd'hui ce serait la fois où, alors que j'étais chez mes grands parents, dans la cuisine, j'ai entendu un groupe qui répétait dans un hangar ou un garage pas très loin. Je savais pas encore qu'il s'agissait d'une répète et j'ai donc juste demandé à mon grand père ce que c'était qu'on entendait. Il me répondit simplement qu'il s'agissait d'un petit jeune qui faisait de la musique avec ses copains, pour rigoler. J'ai appris quelques années après qu'il s'agissait d'Hubert Felix Thiefaine !

Ton implication dans la scène locale ?

Je suis actuellement membre du groupe NoN, avec Sylvain Messager et Cedric Chauvin. Un basse, basse, batterie qui ne se refuse rien. Nous avons commencé par composer un palindrome (et c'est pas une mince affaire!) dans le style brutal, noise et métallisant sur les bords et terminons ces jours-ci une réappropriation d'un morceau de Jacques Brel. Entre temps, nous avons étoffé notre set, invité un pote à venir poser un solo de gratte sur un passage, réfléchissons aussi à tenter un double basse batterie et préparons l'enregistrement de notre première production. Je préfère parler de production plutôt que de disque puisque nous aimerions sortir un truc un peu différent. Cela reste encore à l'état de projet puisque nous sommes à la recherche de financement.

J'ai également rejoins un groupe de screamo dans la plus pure tradition. C'est pas franchement ma tasse de thé au départ mais le plaisir de jouer et de composer est là.

Je participe aussi à certains concerts de Mayerling (Sylvain Bombled et Boris Magnin) où je viens faire un peu d'impro, quelques chinoisances... Et bien sûr, nous avons reformé Generic (Duo basse batterie) pour une poignée de dates. Au départ, il s'agissait juste d'un concert, le festival marquant les 30 ans du Bastion puis, le plaisir de se retrouver à nouveau face à face nous a donné envie de remonter sur les planches et de partager l'affiche avec des potes (deux mini tournées sont prévues en Mars, l'une avec Spanked, duo guitare batterie et l'autre avec Napoléon solo, où l'on retrouve des vieux gars de Dead Pop Club, de Second Rate...).

Dans un autre registre, j'ai composé la musique d'une pièce de théâtre de Wajdi Mouawad (Rêves) dans laquelle il a fallu que je joue, non seulement en live (ma basse et mes effets) mais surtout sur scène, en incarnant un personnage. C'était avec la compagnie du Verseau, basée à Salins les Bains et mise en scène par mon voisin, Christophe Vincent, dont c'est le métier.

Ton parcours musical ?

J'ai donc commencé comme bassiste dans le premier Handle with care (puisqu'il y en a eu un second). Basse guitare batterie et un chanteur avec qui il n'était pas toujours facile de composer. Il écrivait des textes pour le moins revendicateurs mais nous n'étions pas toujours d'accord avec ses revendications. Après quelques concerts, dont  mon premier, dans le petit village de Champvans où l'ingé son, qui faisait lui aussi son premier concert n'était autre que le Wisk, ou Clovis si vous préférez (une figure parmi les ingés-son de la région, qui pousse maintenant des boutons dans le nord de la France), après quelques concerts donc, nous avons splitté.

Et c'est avec d'autres gars de Thunder et No Sense que nous avons monté Wunderbach Death. Ce groupe était vraiment une blague au départ puis, comme les choses n'allaient pas si mal et que le ton se durcissait un peu, nous avons décidé de nous appeler... Handle With Care ! Puis ce groupe a fini par se désagréger quand tout le monde à quitté petit à petit le coin. Certains pour un job et la majeure partie pour aller suivre (certains se sont fait distancer d'ailleurs) des études à Besac.

C'est en arrivant moi même dans cette ville, une fois mon bac en poche, que j'ai retrouvé presque la même bande et avec qui nous avons formé To Make You Collapse. On était un peu le groupe bizarre du coin, pour plusieurs raisons. D'abord, nous étions le seul à avoir deux basses, deux grattes, deux chants et une batterie... Et un mur d'ampli derrière nous ! Ensuite, venant tous de Dole (hormis le batteur, Mika, qui venait lui aussi d'un bled du Haut Doubs, Charmoille, et où nous allions répéter toutes les semaines), nous étions un peu les inconnus dans cette contrée et c'est vrai que nous faisions souvent bande à part et toujours ensemble. Il faut dire qu'à cette époque, à la fin des années 90, l'ambiance entre bands à Besac n'était pas des plus tendres, ça se tirait dans les pattes dans tous les sens.

Je crois que c'est la création de M.A.S.S.E, une symphonie indus relatant une journée d'usine, avec pas loin de 30 musiciens sur scène qui à changé la donne. En tout cas pour moi je crois que c'est le point de départ : 7 ou 8 percussions ou batteries, 5 grattes, 2 basses, 1 violoncelle, 2 violon, 2 alto, 1 piano, 1 flûte traversière, 1 contrebasse, 2 samplers, une machine à détruire les canettes vides... Les gens se sont mis à se parler d'avantage et à s'intéresser un peu plus sérieusement aux autres groupes ou genres de zique.

Bref, après cette création et une fois la clé sous la porte pour To Make You Collapse (nous n'avions plus les mêmes envies ni les mêmes « ambitions ») j'ai intégré Second Rate.
Que dire de ce groupe ? Je n'écoutais plus trop de pop à cette époque mais j'avais toujours une envie furieuse de monter dans un van, avaler des bornes, envoyer le pâté, discuter, boire, brailler avec des tas de gens alors quand Nasty Samy est venu me demander si j'avais envie de rejoindre leur aventure, j'ai accepté sans trop hésiter. C'était tout à fait ce que je voulais. De bonnes compos, de bons gars (même s'il y a eu quelques tensions malgré tout) et surtout 5 jours de répète pour apprendre un set que nous allions jouer 8 ou 10 fois juste après ! Je vous raconte pas les premiers shows, j'étais pas dans du coton ! Mais c'était une putain de belle histoire et c'est vraiment un groupe qui aura compté pour moi, comme pour les autres. Je suis resté à peu près un an et demi dans Second Rate et nous avons dû jouer dans tous les cafés concert que ce fichu pays peut compter. Sans oublier la Suisse et l'Angleterre. J'ai ainsi participé au mixage du premier album, enregistré le split avec Scuttle et composé avec eux les morceaux qui se trouvent sur le split avec Flying Donuts. Eh ouais, c'était ça aussi Second Rate, un groupe qui ne s’arrête pas, même s'il perd des membres. Le dernier bassiste m'ayant remplacé n'est autre que le bien nommé Crevette, un autre Fred avec qui j'ai d'ailleurs partagé la scène lors de l'ultime tournée, pour la réédition de l'intégralité de la discographie du groupe.

Après ça, j'ai joué dans Pornophonic, un groupe complètement atypique, avec basse batterie, synthé (au début) et platines ! Nous faisions de l'électro comme un groupe de rock : pas de clic, pas de samples, pas de rajout. Tout était joué live et les morceaux commençaient souvent par 4 coups de baguette, à l'ancienne quoi, ou garage comme on aimait à le rappeler. Nous avons aussi pas mal rigolé et peut être aussi abusé de certaines substances (l'alcool en ce qui me concerne). Nos relations étaient donc assez tendues et nous avons pris un jour la décision d'arrêter avant de nous foutre vraiment sur la gueule et de nous détester à tout jamais.

Après 1 ou 2 ans sans rien faire et un peu après le fin de Second Rate, Sylvain Bombled est venu me rechercher pour qu'on rejoue ensemble (on avait tout de suite très bien accroché quand j'étais arrivé dans Second Rate et nous nous étions dit que nous ferions sûrement encore de la zique ensemble). C'est ainsi qu'est né Generic. Nous avons d'abord essayé avec un autre musicien mais cela n'a pas pris puis encore un autre et pas mieux. Au final, on s'est dit que nous n'avions pas besoin d'un troisième laron et que nous avions surtout besoin d'un second ampli. C'est comme ça que nous avons trouvé la formule définitive pour Generic : une batterie, une basse, face à face et deux gros amplis de chaque côté ! L'aventure s'est terminée quelque 8 ans plus tard et depuis, je joue dans NoN.

Ton parcours associatif ?

Après avoir occupé les locaux du bastion en tant que simple utilisateur pendant de nombreuses années avec tous ces projets, c'est naturellement que j'ai voulu intégrer le C.A de cette asso. J'avais envie de mettre mon grain de sel dans cette structure, la connaissant déjà pas si mal.

Ah, et je suis aussi président de l'asso Dusk que j'ai créé avec Mitch. Cette asso avait l'ambition de devenir un label un peu particulier. Nous voulions pouvoir diffuser le plus de disques possibles avec un minimum d'argent. Le concept était basé sur un abonnement : chaque abonné recevait toutes les galettes que l'asso était en mesure de sortir avec les moyens qui rentraient par les abonnements. En fonctionnant de la sorte, nous n’étions pas considérés comme une structure commerciale puisque rien n’était à vendre mais tout n'était que cadeau. Nous avons tenu le coup pendant l'année 2003 puis nous avons cessé. Cela demandait une très bonne organisation et une grande rigueur dans la logistique : gestion des adresses physiques de chaque abonné, ce qui a été envoyé, ce qui ne l'a pas encore été… Et nous avons vite été dépassés, surtout en gérant cela tous les deux. En y repensant, c'est quand même con, on a peut être un peu vite baissé les bras face à l'ampleur de la tâche.

Qu’est ce que tu fous là ?

Parce que j'ai des réponses à vos questions !

Le mot de la fin ?  

Scandaleux !


Liens utiles pour comprendre de quoi on a parlé :
Le Bastion
NoN
Original Disease

Des trucs qui passaient sur la platine du Lutin pendant qu'on papotait :


vendredi 16 janvier 2015

Laurenk N'Roll

© 2015 François Guyon & Meghane Schevènement
6 janvier 2015

Laurent aka Laurenk N’Roll est né en 1979. Il a notamment joué dans Twaddle et pousse occasionnellement quelques disques. Membre actif du Bastion, il fait partie du conseil d’administration.

Ton premier souvenir de concert ?

MC Solaar au Palais des Sports en 94 pour la tournée Prose Combat.

Premier concert que tu as apprécié ?

Deviate, Mass Hystéria, Lofofora. Le souvenir de pousser les premières portes, être dans le sas et entendre le bruit sourd, ouvrir les deuxièmes portes et se prendre un cri bien hardcore du frontman de DV8 en pleine tronche avec des mecs qui slament dans tous les sens. Putain je veux faire ça !

Premier groupe local qui t’a marqué ?

Tribal Groove ! Avec Joss (Gantz), Xav (Hiro), Ced (NON), Nico et Romu. Je me rappelle que j’ai fait un black out et que je me suis fait pourrir par Romu. Quelques semaines après, j’ouvrais pour eux : mon premier concert avec Twaddle (Nos, Jordan, Bryoo). Il était un peu en stress le mec !

Premier disque local qu'on t'a offert, que tu as acheté, piqué, emprunté, trouvé... ou autre ?

La cassette de Nothing to Prove. D’ailleurs il y a encore un riff que je joue régulièrement à la gratte. J’étais à Mouchard et des mecs de Dasle l’avaient ramenée. L’été d’après on partageait le plateau avec eux, Préjudice, Tagada Jones, Blood for Blood sur le festival Hardcore de Rennes-sur Loue (organisé par Dess et le collectif Art Scénic).

Le concert en région qui t’a le plus marqué ?

Je laisse la réponse Korn à Jordan !

Donc j‘hésite entre Gojira, Arkangel et Nostromo, je dirais Nostromo car disparu trop tôt et l’énergie est plus débordante que Gojira, même si j’ai eu la chance de bosser au plateau avec eux lors de leur dernière venue ici. Et je dois avouer qu’avec les techniciens on a eu le plaisir de savourer des balances ultra puissantes et se prendre une bonne claque dans les dents ; mais je penche pour le côté plus brut de décoffrage de Nostromo.

Quant à Arkangel, je les ai vus à Brainans, plein de tuiles, le batteur a pété sa double, les mecs ont joué 15 min, donc concert un peu foiré mais grand virage musical pour moi à l’aube des années 2000. Et puis je les ai revus à la Poudrière il y a quelques années. Nouveau line-up à 2 grattes dont Kirby de DV8 (le monde est petit) avec un Baldur bien fat et toujours avec des bons cris de porcin. Presque 10 ans après et 2 albums plus tard, c’est Deathcore et c’est, je crois, la musique qui me correspond le mieux : donc Arkangel.

Une anecdote à partager ?

C’est toujours un peu enfumé et alcoolisé ces anecdotes… Pour le clin d’œil perso je dirais mon premier concert avec Twaddle. Trop stressé, je me suis mis une cuite et je me suis retrouvé séché deux heures avant d’envoyer. Je revois Bryoo (Black Code & Horshk) et Jordan (Näo) me gifler pour me réveiller. Mais je pense que c’est juste le double effet Tribal Groove. [rires]

Plus récemment un truc sympa pour mon anniversaire il y a 2 ans je crois, concert de Red Fang à la Rodia. Objectif : finir avec eux. Service de sécu un peu sur les nerfs et serré du fait du concert de Kenny Arkanna, artiste Urban tendance qui a ruiné les loges à coups d’extincteur parce que le rock, c’est mal. Bref, une connasse !

Seule solution : sauter sur un des mecs du band "Hey mate, today is my fucking birthday. I’ve got beers in my trunk, let me come with you guys & party on !" Sa réponse : "Awesome man !" Toujours plaisant l’introduction à base de bière. L’occase de pouvoir discuter avec les artistes en vogue de chez Relapse et voir que les mecs sont purement adorables et tout aussi déconneurs que dans leurs vidéos. On y retrouve les potes comme Fred From a Day, sa chère et tendre Stef, un peu de mecs de The Ocean et Mr Duff qui immortalise ça. Excellente anecdote Wayne !

Ton implication dans la scène locale ?

Je fais partie du Conseil d’administration du Bastion et je me consacre au développement de l’espace de travail, de pratique et des principes de fonctionnement des locaux du Bastion. Je précise pour ceux qui ne le sauraient pas que le Bastion est une association qui met à disposition des groupes, des locaux de répétition, un accompagnement aux musiciens en voie de professionnalisation, qui propose des formations dédiées aux musiques actuelles et qui est aussi le Centre Info Rock Régional. En gros : une mine d’or !

Je n’ai pas l’impression d’être spécialement impliqué. Je participe avec mes moyens, mes connaissances et mon savoir-faire tout en bénéficiant de mes expériences acquises à l’étranger dans le but de trouver de nouveaux moyens pour pouvoir développer ce projet. Il est vrai que le Bastion regroupe plus de 650 adhérents pour environ 200 groupes et Dj’s donc l’impact est assez important sur la scène locale.

Et pour satisfaire ces artistes, j’aimerais que nous soyons plus activistes sur le phénomène de fermeture des café-concerts qui ne cessent de diminuer à Besançon. Payer le tram, ville vieillissante, nettoyage du centre-ville, couvre-feu… Je ne sais pas quelles sont les raisons de ces fermetures et interdictions préfectorales mais toujours est-il que l’on a un vivier de groupes immense pour une aussi petite ville et très peu de lieux adaptés et autorisés pour la diffusion. J’aimerais que les consciences s’éveillent un peu, car cette ville meurt culturellement à petit feu.

Ton parcours musical ?

Je dirais éveil musical en forêt. J’ai grandi en Haute Saône et la rave party était plus facilement accessible que les concerts ici. Donc électro au départ et spécial clin d’œil à Amadou (Sismo) puisque c’est le premier Dj que j’ai vu !

Bref j’oscille entre électro et styles en vogue à l’époque : rap, fusion et quand Jordan, Arnaud (Nos) et Sylvain (Bryoo) me demandent si je veux jouer de la basse avec eux dans un projet métal/fusion, je signe direct avec Twaddle. J’apprends la basse en 2 semaines et fait mon premier concert ! 4 ans d’investissement, on passe de la fusion au néo puis au métal proche deathcore. Et un split qui fait mal en 2001.

Rupture difficile et malgré les tentatives multiples avec Nico et Guillaume (Mr Z) Christian, Schizo, Boris (Jack & The Bearded Fishermen) Sylone (Human Compost), ce bon vieux Den’s et mon vieux copain Bryoo, rien n’est passé. Période foireuse.

Ensuite, je m’exile en Suisse et travaille comme Designer d’intérieur d’avion VIP au-delà du raisonnable et repousse mes limites. Je bosse jours, nuits, week-ends, un casque sur les oreilles. J’écoute tout, répète, décortique et analyse. Je commence à m’intéresser au traitement du son et suis une courte formation au Pavillon avec les amis Xavier Dromard et Flavien Van Landuy.

2010, je me fais licencier économiquement et l’ai mauvaise. Donc je rebondis et pars à Manchester en Angleterre où je m’inscris à la School of Sound Recording. Je tente une promo des groupes d’ici là-bas à Manchester avec le projet XthefrenchconnectionX mais en vain. Peu de groupes adhèrent par manque de motivation, d’ambition et me demandent même de la thune pour faire leur promo (Basterds !) J’obtiens mon diplôme d’Audio ingénieur en enregistrement studio et de post production en 2012.

De Retour en France rien ne s’est passé comme prévu. Je garde un pied dedans en assurant des montages / démontages, je faisais du backline et un peu de drive en traînant ici et là en posant de la voix pour quelques projets mais rien de transcendant. Aujourd’hui je suis un digger, comme un Dj, je creuse toutes les nuits pour trouver de la musique, et comme je suis insomniaque je cherche encore plus. Je me suis mis à pousser des disques et je pense que c’est un bon retour à la scène musicale. Voilà, pour l’instant je me prépare pour ça, pour le reste, patience.

Ton parcours associatif ?

Il est assez simple, j’intègre le Bastion en 2008, on parle projets, 2010 je démissionne pour partir m’installer à Manchester et je reviens en 2012 et re-signe immédiatement au CA du Bastion. Je veux contribuer au développement de cette structure et je ne lâcherai pas ! Ensuite j’essaie de promouvoir la musique du Bastion au travers de différents projets sportifs, urbains à travers mes différentes associations et faire rayonner l’image du Bastion plus largement.

Qu’est ce que tu fous là ?

Parce que je ne vous ai pas invité à ma crémaillère et que vous n’aviez que ça comme excuse pour venir boire le thé dans mon splendide appartement ! Je plaisante. C’est plus à vous deux de me le dire. En cherchant bien, je dirais peut-être que je souhaite que le milieu ne s’éteigne pas et que je lutte à ma façon pour qu’il ne se suffise pas à lui-même. Je propose quelque chose de peut-être différent mais je propose et j’essaie de le faire. C’est la seule raison valable pour laquelle j’ai la chance d’être interviewé, enfin je pense !

Le mot de la fin ?

Merci !


Des trucs qui passaient sur la platine de Laurent pendant qu'on papotait :





lundi 12 janvier 2015

Yann Morel

© 2014 François Guyon & Meghane Schevènement






28 octobre 2014

Né en 1974, Yann Morel joue dans Plugged, groupe de hardcore / noise détenant sans doute un record de longévité à Besançon. Reconnaissable à son humour pince-sans-rire, il est également fondateur du Studio Cube et membre du Conseil d'Administration du Bastion.


"Ton premier souvenir de concert ?

Renaud, au palais des sports, ça devait entre 1982 et 1984, quelque chose comme ça, non, en 1986. Je me souviens d'avoir vu la tournée où il y avait un pommier sur scène, c'est tout... 


Premier concert que tu as apprécié ?

Neurosis à la Laiterie, en 1998 peut-être, la plus grosse claque, mais il y en a eu d'autres bien avant... Même les $heriff au Montjoye, mais je peux pas dire les années, je ne me souviens jamais... 

Premier groupe local qui t'a marqué ?

Ca remonte à loin... Faut que je pense aux années 1990. Ca doit se situer à l'Underground. Bon, je me souviens pas, alors je vais dire Generic, qui date de bien après. Parce que ça pulse.

Premier disque local qu'on t'a offert, que tu as acheté, piqué, emprunté, trouvé... ou autre ?

Ca doit être une cassette de So Called Unlike, un groupe de punk-rock originaire d'Audincourt, y'avait Sylvain Bombled dedans.

Le concert en région qui t'a le plus marqué ? 

Les premières grosses sensations, c'était au Montjoye, mais c'était il y a si longtemps. Je crois que j'y ai vu Deftones et que c'était bien, mais je ne suis même plus sûr. Des fois, je me demande si j'ai pas inventé ce souvenir. Je prends pas souvent de claques en plus, je suis très difficile... Allez, Deity Guns à l'Underground, en 1997 peut-être, je vais garder celui-là.

Une anecdote à partager ?


On partageait le même local de répète à Planoise avec le groupe White, dans lequel Guillaume Aldebert jouait de la guitare.

Ton implication dans la scène locale ?

Effective. Au studio, il y a des groupes locaux qui enregistrent. J'ai joué et je joue encore dans des groupes locaux. Je suis membre du conseil d'administration du Bastion, des fois je fais le son aux passagers du zinc... Tout ça. C'est déjà pas mal, je crois.

Ton parcours musical ?

Plugged, j'ai commencé en 1993. Avant ça, je chantais dans The Avengers, un groupe de psychobilly.
La formation de Plugged n'a pas bougé depuis le début, juste un troisième guitariste qui est passé de 1997 à 2002, sinon ça n'a pas bougé.

On joue peu, parce que c'est difficile de trouver des dates, on fait quelque chose qui n'est pas facile d'accès, et puis personne dans le groupe ne cherche vraiment à contacter les salles.

Au début des années 2000 , il y a eu Lust (post-rock) : Printemps de Bourges, Eurockéennes, enregistrement d’un album avec Steve Albini à Chicago : une époque faste !

J'ai un nouveau groupe aussi, mais qui a pas encore de nom, rien n'est définitif. Dedans, il y a Lutin (Generic, NoN, Second Rate), Steph des Gantz, Aurélien, le chanteur de Daïtro, et Henri (I Was A Cosmonaut Hero). C'est dans un délire screamo. Ca fait 6 mois, quelque chose comme ça qu'on a commencé. On essaiera peut-être d'être prêt pour le printemps.

Le Cube Studio ?

J'ai commencé en 2006 et monté vraiment le studio en 2007. Je me suis mis en cheville avec des collègues [Sébastien Descamps et Cyrille Hentzen], on a mis du matos en commun et on a commencé à enregistrer. Je n'avais jamais fais ce genre de choses avant, il a fallu apprendre : on s’est fait les dents sur nos propres groupes. Le premier groupe que j'ai enregistré en mode professionnel, ça a été Austin Newcomers. Et ça s'est enchainé, d’abord localement.

J'ai passé de bons moments avec Generic, Aside From A Day, évidemment [son collègue Seb joue dans le groupe], the Black Zombie Procession, The Irradiates, Jack and the Bearded Fishermen, et j’en passe. La liste est longue, et il y a différents genres de musique : du reggae, de la pop, d'autres trucs... Le plus gros du boulot, c'est le local, au niveau régional, mais vers Strasbourg aussi... J'ai également des groupes de Lyon, de Metz, de Paris... C'est le bouche à oreille qui fonctionne et qui amène de nouveaux groupes à me contacter.

Qu'est ce que tu fous là ?


Comme je l’ai dit, j'ai un studio qui travaille avec des groupes locaux depuis longtemps, je fais partie d'un des plus anciens groupes de la ville, et vu que je suis membre du Conseil d'Administration du Bastion depuis six ou sept ans, je finis par connaître plein de monde, et ce que je fais commence à se savoir. C'est aussi simple que ça. C'est mathématique.

Le mot de la fin ?

Liberté. C'est un message aux musiciens, il faut se libérer de ce qu'on attend d'eux, des influences, des contingences techniques, tout ça. Jouer de la musique.



Des trucs qui passaient sur la platine de Yann pendant qu'on papotait :